#NFPShockSpikesRateCutOdds LE CHOC DU NFP A MODIFIÉ LES ANTICIPATIONS SUR LA FED, MAIS LE MARCHÉ RÉÉVALUE DÉJÀ À NOUVEAU LA SITUATION
Le rapport sur l'emploi américain de juillet a initialement provoqué exactement le type de choc économique susceptible de transformer les anticipations concernant la Réserve fédérale. Le 7 août, les créations d'emplois non agricoles ont reculé de manière inattendue de 23 000, alors que les économistes tablaient sur une hausse d'environ 80 000. Le taux de chômage s'est établi à 4,1 %, et les révisions de mai et juin ont retiré 103 000 emplois supplémentaires des chiffres précédemment publiés. Le résultat a été un marché du travail bien plus faible que ce à quoi les investisseurs s'attendaient.
LA PREMIÈRE RÉACTION DU MARCHÉ A ÉTÉ CLAIRE
Immédiatement après la publication du rapport, les contrats à terme sur les taux américains ont fortement réduit les anticipations d'une hausse des taux en septembre. La probabilité d'une hausse en septembre est passée d'environ 57 % à près de 44 %, tandis que les anticipations d'un maintien des taux par la Réserve fédérale ont fortement augmenté. Les rendements des bons du Trésor ont subi des pressions, les traders réévaluant la possibilité que l'affaiblissement de l'emploi donne aux décideurs davantage de marge pour rester prudents.
Pour les actifs risqués, cette évolution est importante, car les anticipations de politique monétaire influencent les coûts d'emprunt, les conditions de liquidité et l'appétit des investisseurs. Un marché du travail plus faible peut réduire la pression en faveur d'un resserrement supplémentaire, créant potentiellement un environnement plus favorable pour les actions, les actifs technologiques et les cryptomonnaies.
MAIS LE SCÉNARIO D'UNE BAISSE DES TAUX N'EST PAS ÉTABLI
C'est là que les dernières évolutions du marché deviennent plus importantes que le titre initial. Au 10 août, les anticipations d'une hausse des taux en septembre étaient déjà repassées au-dessus de 50 %, atteignant environ 51,7 %, selon les prix du marché. La hausse des prix du pétrole et le regain d'inquiétudes concernant l'inflation ont contribué à inverser une partie du mouvement initial après le rapport sur l'emploi.
Cela signifie que le choc du NFP n'a pas créé une trajectoire claire vers une baisse des taux. Il a plutôt engendré un débat de politique monétaire bien plus complexe : l'affaiblissement de l'emploi face à la persistance des pressions inflationnistes.
LE SIGNAL DU MARCHÉ DU TRAVAIL RESTE IMPORTANT
La baisse des emplois en juillet n'a pas été répartie uniformément dans l'économie. Le Bureau of Labor Statistics a fait état de baisses de l'emploi dans des secteurs tels que l'éducation des collectivités locales et le commerce de détail, tandis que l'emploi dans la santé a continué de progresser. Le taux de chômage est resté relativement contenu à 4,1 %, ce qui montre que le rapport était faible sans pour autant représenter un effondrement généralisé de l'emploi.
Cette distinction est importante pour la Fed. Les décideurs doivent déterminer si juillet représente un ralentissement temporaire ou le début d'une dégradation plus persistante des conditions d'emploi.
L'IPC PASSE DÉSORMAIS AU PREMIER PLAN
Le prochain test majeur arrivera avec le rapport CPI américain de juillet, le 12 août. Les marchés surveillent désormais l'inflation d'encore plus près, car les données sur l'emploi ont rendu la prochaine décision de la Fed plus difficile à prévoir.
Un chiffre d'inflation plus faible associé à un emploi décevant renforcerait l'argument en faveur d'une politique moins restrictive. À l'inverse, une inflation supérieure aux attentes pourrait à nouveau pousser les anticipations de hausse des taux à la hausse, surtout avec les prix de l'énergie qui restent préoccupants. Les prix actuels du marché montrent déjà à quel point les anticipations peuvent changer rapidement : la probabilité d'une hausse en septembre est passée d'environ 44 % après le NFP à plus de 50 % en quelques jours.
CE QUE CELA SIGNIFIE POUR LES CRYPTOMONNAIES
Le Bitcoin et les autres actifs sensibles au risque sont désormais pris entre deux forces concurrentes. Un emploi plus faible peut soutenir le scénario d'une amélioration de la liquidité, tandis qu'un regain de pression inflationniste peut maintenir les rendements à des niveaux élevés et limiter la capacité de la Réserve fédérale à assouplir sa politique.
Cela crée un marché où chaque publication macroéconomique majeure pèse davantage. Les traders doivent donc éviter de considérer le seul chiffre du NFP comme la confirmation d'une baisse imminente des taux. La question la plus importante est de savoir si la faiblesse de l'emploi se poursuit tandis que l'inflation ralentit simultanément.
LA NOUVELLE DONNE DE LA SURVEILLANCE DE LA FED
Le rapport NFP de juillet a clairement affaibli l'argument en faveur d'un resserrement immédiat, mais le rebond des anticipations d'une hausse en septembre montre que le marché n'a pas abandonné le scénario hawkish. La prochaine publication de l'IPC pourrait déterminer si le choc initial du NFP devient le début d'une réévaluation durable de la politique monétaire ou simplement un nouvel épisode de volatilité de courte durée.
Pour les marchés, le message est simple : le rapport sur l'emploi a modifié les probabilités, mais c'est l'inflation qui déterminera jusqu'où elles peuvent évoluer.
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